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J’ai posté mon désarroi face au courrier du papa outré sur la liste francophone consacrée à l’hygiène naturelle.
K. a proposé une réponse, mettant des mots sur ce que je n’aurais pas réussi à dire parce qu’enveloppée dans mes blessures. Je lui ai emprunté ses mots, y ai ajouté ma touche et je suis contente d’avoir fait cette réponse.

Vous semblez être très ému par ce que vous avez lu (mon site ? l’article du Monde ?). Vous utilisez des mots très durs et je regrette que vous n’ayiez pas posé les questions que vous dites avoir, j’y aurais volontiers répondu dans la mesure de mes moyens.
Ceci étant, je comprends parfaitement votre courrier. Il y a encore quatre ans, je pensais qu’un enfant devait porter des couches pendant les premiers mois de sa vie, et ne surtout pas en être privé avant 18 ou 24 mois. L’apprentissage de la propreté était pour moi un moment clé du développement d’un enfant, et j’étais persuadée qu’un enfant ne pouvait être propre avant de savoir monter et descendre les escaliers. Je considérais, considère toujours, le dressage au pot (sur proposition de l’adulte, et non écoute de l’enfant) comme l’ont pratiqué les parents des générations précédentes comme un manque de respect envers l’enfant : comment peut-on décider des besoins d’une autre personne ? Mais ce que l’on appelle l’hygiène infantile naturelle s’appelle communication éliminatoire outre-manche et outre-atlantique, car tout repose sur la communication, et sans réelle communication l’HNI ne peut pas se pratiquer.
Dans cette approche je ne vois que respect de l’enfant dans ses besoins, beaucoup de tendresse et surtout aucune contrainte, on ne dresse pas nos enfants à être propres !
Je suppose que votre courrier m’est adressé suite à la lecture de mon site et je regrette de n’avoir pas su mieux expliquer à quel point la communication est l’élément-clé.
A moins que votre mail ne fasse suite à l’article paru dans Le Monde, qui parle malheureusement « d’apprentissage de la propreté », mais il ne s’agit absolument pas de cela ! L’enfant signale dans son langage à lui lorsqu’il a besoin de faire pipi ou caca, et c’est à l’adulte de répondre à la demande de l’enfant, et non l’inverse. Dans de nombreuses cultures (et pas forcément des tribus primitives !), les enfants ne portent pas de couches jetables, ni de langes. La mère ou la personne qui prend soin de l’enfant est à l’écoute de son enfant et lui propose un endroit approprié pour faire ses besoins.
Et malgré ce que dit l’article du Monde, il ne s’agit pas d’une « nouvelle méthode venue des Etats-Unis », mais d’une pratique ancestrale qui se pratique encore aujourd’hui, en Afrique et en Asie.
Mon mari était très sceptique quand je lui ai parlé d’HNI au début, et puis avec la naissance de notre second puis de notre troisième enfant il a été convaincu : étant à l’écoute « pour voir si c’était vrai », il a de lui-même fait l’expérience de cette communication. Et nous avons pu faire le lien entre les pleurs de notre aîné et notre manque de compréhension quant à ses besoins.

>Que faites vous de la complicité du change la tendresse autour de cet acte?

Je comprends votre interrogation. Le moment du change est un moment de communication, d’échange et de tendresse. Et ce moment n’est pas réservé aux mamans (ou aux papas) : tous ceux qui prennent soin de l’enfant peuvent répondre à ses besoins d’élimination.
Lorsque ma fille me signale qu’elle veut faire pipi et qu’elle me voit comprendre et l’emmener sur sa bassine, elle a un regard tout souriant (quel bonheur que d’être comprise !), et une grande détente après avoir fait pipi. Et lorsque je la rhabille, nous communiquons, elle babille et je lui réponds et nous rions ensemble. Elle n’a jamais les fesses rouges (car ses fesses ne restent jamais au contact des urines et selles) et ce moment n’est jamais entaché d’une douleur/gêne au moment où je l’essuie après qu’elle ait fait ses besoins. Nous partageons une réelle complicité, du fait que je la comprenne. Et il est certain que je n’aurais pas dit cela il y a quelques années avant d’avoir vu moi-même un enfant faire ses besoins ailleurs que sur lui !
Ceci dit, nous avons également plein d’autres moment de partage et de complicité dans la journée, pas tous au moment du pipi/caca. Je ne suis pas non plus la seule à avoir des moments de complicité avec ma fille, que ce soit dans la journée ou au moment du pipi/caca : son papa est présent et bien présent, comme il l’était pour les aînés et ni l’allaitement, ni l’hygiène naturelle ni rien dans notre façon de materner ne l’empêche de prendre sa place, d’avoir sa place naturellement auprès de nos enfants.

>Un bébé fait pipi ou caca inconsciemment un medecin un pédiatre mémé un psychologue vous le dira pourquoi aller contre nature? […] si l’enfant est conscient alors a 2ans faites le lire il le peut qui sait

Je ne peux que regretter que les médecins, pédiatres ou psychologues se hasardent à de telles affirmations qui sont fondées sur tout ce qu’on voudra sauf sur l’observation de nos bébés. Demandez aux millions de mères, pères, grand-mères etc. qui accompagnent leurs bébés dans la satisfaction de leurs besoins d’élimination et tous vous diront que bébé, tout comme il est conscient de la faim, de la soif, de la fatigue, est aussi conscient de ses besoins d’élimination.
Les Africains, les Asiatiques qui trouvent naturelle cette façon d’accompagner leurs enfants trouvent au pire barbare au mieux simplement incongrue notre façon d’envelopper nos bébés dans du plastique.
Je crois qu’en matière de soins prodigués aux enfants, de maternage, d’éducation, la variante culturelle est énorme et ce qui est considéré comme « normal » dans une culture, ne le sera pas nécessairement dans une autre.
Le Dr Doman a prouvé dans les années 60 qu’un enfant pouvait lire dès ses deux ans… Mais c’est un autre débat, et bien différent de l’hygiène naturelle : la lecture est un apprentissage, ce que n’est pas l’écoute des besoins de son enfant qui sous-tend la pratique de l’hygiène naturelle (sauf si on considère que c’est un apprentissage pour le parent qui doit apprendre à reconnaître les signaux de son enfant).

Cordialement,
Sandrine

Ce papa outré m’a répondu. C’est sa réponse qui me fait dire que je suis contente d’avoir écrit en retour.
Et je renouvelle mes remerciements à celles qui m’ont soutenue, qui ont posté sur la liste (et à K. en particulier, j’insiste, je sais).

Je comprends bien ce que vous dites mais bon je suis bète et borné et je préfère que ma fille mets des couches. Votre pratique est simple mais faut il encore que l’un des 2 parents ne travaillent pas. ce n’est pas le cas chez moi. Enfin voila quoi!! Moi je suis adepte des couches et y restera ainsi que ma femme.Mais je vous remercie de m’avoir répondu c vrai j’ai lu l’article paru dans « le monde » et j’etais outré, je le suis encore mais bon comme je l’ai dit précèdemment « chacun fait comme il veut » à partir du moment ou l’enfant est heureux, c’est le principal !!!!

C’est une chouette leçon de prise de recul pour moi. Et de mise à la poubelle de certains préjugés aussi.

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