Hygiène Naturelle Infantile – Femme Actuelle

Hygiène Naturelle Infantile – Femme Actuelle

Une charmante informatrice qui se reconnaîtra 🙂 m’a avertie qu’un article consacré à l’hygiène naturelle infantile avait été publié dans Femme Actuelle fin juillet. Damned, trop tard pour aller y jeter un oeil en kiosque. Mon appel à bonne âme lancé sur la liste EC francophone n’a pas encore reçu de réponse (ce n’est pas une mince affaire que de trouver quelqu’un qui lise Femme Actuelle… :)), mais il est vrai que je ne l’ai posté que ce matin. Heureusement, ce soir je me rappelle que Google est mon ami : je claviote de mes doigts agiles et bingo, femme actuelle hygiène naturelle, me donne les deux résultats pertinents que voici voilou :

Vie sans couche pour femme actuelle – Alter Enfance – Naissance 
biboudavril (un blog que j’ai ajouté à la liste des participants au 101/1001 en plus, je suis impardonnable, je devrais le lire régulièrement !)

Merci à Alisabel de Biboudavril qui m’a ainsi permis de grincer des dents en lisant l’article en question (au passage, Alisabel, si tu l’as en plus grand et plus lisible…. je suis preneuse). Dans la lignée de l’article du Monde (paru en décembre 2005) dont j’ai déjà parlé ici puisque j’avais été interviewée par son auteur, l’hygiène naturelle est présentée en introduction comme un phénomène de mode en provenance du continent nord américain, ce qui me fait froncer le sourcil. J’attends quand même de lire la suite de l’article avant de m’énerver pour de bon.
La toute première partie de l’interview de Myriam Szeger, pédopsychiatre, n’est pas trop mal : elle explique de quoi il s’agit (même si hein, le coup du « réflexe conditionné »…). Par contre là où ça se (re)gâte c’est quand elle commence à parler « propreté » acquise à 18 mois. Je l’ai déjà dit et le rappelle : ce n’est pas le but de l’hygiène naturelle qui est moins une méthode qu’une façon d’être avec son enfant. Je n’aime pas trop l’ironie qui perce sous les termes « le must de cette méthode […] c’est la relation quasi-fusionnelle  […] qui s’instaure avec l’enfant ».
La réponse apportée à la seconde puis à la troisième question me fait dire que cette experte ne sait absolument pas de quoi elle parle. Elle n’a visiblement ni lu les livres expliquant de quoi il s’agit, ou les témoignages, et encore moins côtoyé de parents pratiquant l’elimination communication (ce qui suffirait pourtant à s’en faire une idée plus juste, même sans aucune lecture supplémentaire) et assène ses a priori (et une bonne dose de mépris pour les pauvres sous-développés qui ont leur bébé « collé » sur le ventre ou le dos) comme autant de vérités supposées éclairer les foules. Ceci dit, je le concède, c’est pour ça qu’elle est là, apporter ses lumières… voilà un autre sujet qui me met en rogne : cette tendance à faire appel à un expert qui, bien évidemment, sait mieux que les parents. Certes, les études, la pratique professionnelle apportent des connaissances, une expérience, un recul (hmm, pas toujours pour ce qui est du recul…) etc. que n’ont pas de jeunes parents, mais je m’insurge contre l’érection (non, ce n’est pas sale) en vérité absolue du discours de ces spécialistes, qui trop souvent manquent singulièrement d’humilité, quand ce n’est pas d’humanité, et qui gagneraient à s’ouvrir à l’instinct, aux pratiques des parents. Il font à mon goût trop souvent preuve d’un manque de ce « gros bon sens », de ce qui relève de l’instinct chez les parents, perdus qu’ils sont dans leurs discours tout empreints de théorie et souvent très franco-français, oubliant qu’il y a un monde autour et qu’ailleurs on fait autrement avec parfois plus de succès. Mais je m’égare, revenons plutôt à Myriam Szeger.
Ou plutôt non, n’y revenons pas, tant son analyse de ces mères tellement « soucieuse[s] de correspondre à l’image véhiculée de la mère parfaite, prête[s] à tout essayer pour être dans la tendance » est éloignée de la réalité, ou du moins de MA réalité, de mère communiquant avec son enfant, de femme côtoyant d’autres parents communiquant avec leur enfant, y compris sur leurs besoins d’élimination. Enfin, si, j’y reviens, juste pour dire que j’ai du mal à comprendre comment elle peut décrire l’HNI comme une méthode de communication et parler juste après de « la spirale d’un apprentissage forcé ».
J’apprécie tout particulièrement la fin de l’article, concluant sur les craintes de cette « spécialiste éminente », qui rajoute une petite couche de peur pour la route on sait jamais ça peut pas faire de mal, en parlant des séquelles que l’enfant pourrait garder : c’est vrai que dans tous les pays où l’EC est pratiquée culturellement, les enfants développent des névroses obsessionnelles ou de la paranoïa….
Allez, zou, une grande respiration et on oublie.
Par contre je n’oublie pas de continuer à ne pas acheter Femme Actuelle.
Je suis quand même curieuse de savoir si cette pédopsychiatre procède sur tous les sujets de la même façon… en tous cas ce que j’ai lu d’elle sur celui en particulier de l’HNI ne m’inspire pas une confiance débordante, c’est le moins que l’on puisse dire.

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